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絶望 [mars 2055] ft. Uchida Eimi
 :: La zone des vermines :: Shinjuku

Fujiwara Daisuke

Date d'inscription : 18/03/2018Messages : 292Avatar : Die - DIR EN GREYActivité RP : 0Emploi : Youtubeur beauté et homme au foyerMulti : @"Moriyama Akane" @"Matsuda Kai" @"Amakusa Nagato" @"Sato Tetsuya"
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Mikata ✘ Matsumoto
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21.09.18 15:07


絶望


Quand on est pute à Tokyo, plusieurs possibilités s'offrent à nous. Accepter et embrasser cette condition, l'apprécier au point de se donner une occasion de monter en grade pour sortir de la merde que sont les bas quartiers, à l'ouest de la ville. On peut devenir escorte à Chuo, garder l'équivalent d'un an de salaire en deux nuits, se faire payer tous les produits de luxe du marché en couchant avec des vieux dégueulasses qui n'arrivent pas à bander avec leur femme. Cependant on n'entre pas à Chuo comme ça, simplement parce qu'on en a envie. Il faut être repéré par un mac, par un client particulier qui souhaite nous faire évoluer après un bon traitement...ou plusieurs.

Quand on est pute à Tokyo, on appartient forcément à un mac; qu'on vende son cul dans une ruelle sale de Shinjuku comme dans un hôtel cinq étoiles à Chuo. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas le droit de tapiner à notre compte, mais pourtant ce n'est pas rare de voir une femme en jupe courte attendre le client dans un grand axe, non loin d'une ruelle tranquille où elle pourra arrondir ses fins de mois. Evidemment, c'est une situation plus que courante ici; l'ouest de la ville est une zone d'anarchie, les yakuzas n'y font pas la loi la plupart du temps. Shinjuku, Shibuya et Meguro sont des quartiers gérés par les macs et autres dealers, qui ne font pas forcément partie du clan. Ils gèrent le trafic là-dedans, surtout le trafic humain...et c'est comme ça qu'on se retrouve avec des quartiers aussi glauques, où il est courant de côtoyer la mort ou la maladie. Je ne suis jamais allé ailleurs, mais je suis persuadé que ce n'est pas pareil dans l'ouest ou le centre.

Quand on est pute à Tokyo comme moi, il arrive qu'on ne puisse pas se faire à la vie qui s'est imposée à nous. Qu'un mac tienne notre avenir dans ses mains, que des inconnus se servent de notre corps comme d'un dévidoir à sperme, qu'ils s'amusent à le briser sans vraiment réussir. Je suis prisonnier de ce monde depuis six ans maintenant, et chaque jour qui passe est un nouveau calvaire à surmonter. S'il n'y avait pas les gosses, je pense que je serais déjà mort. Tué accidentellement par Terada, un client quelconque, à moins que je finisse par pourrir dans une ruelle ou dans mon studio aux allures de squat après une dose ou un verre de trop. Je suis un fantôme, un spectre qui s'accroche malgré lui à la vie, qui continue d'accepter les assauts répétés de ces types pour sauver la peau des gamins qui l'entourent.

Seul face au miroir sale de la salle de bain commune, vêtu d'un boxer propre et les cheveux dégoulinant sur mes épaules, j'observe attentivement mon corps dégoûtant. Je suis maigre, c'est un fait. Mes os sont saillants, mon ventre est plat seulement grâce à l'alcool, mes cuisses sont loin de se toucher. Mes joues sont creuses, même si avec le maquillage j'arrive à donner un peu de vie à mon visage fatigué. J'ai dix-huit ans, et déjà je ressemble à l'un des nombreux cadavres qui jonchent les rues et parcs alentours avant d'être ramassés par un nettoyeur. Comment ces ordures peuvent-ils continuer à me baiser au quotidien? Pourquoi n'ai-je pas été abandonné moi aussi à l'un de ces laboratoires à Meguro pour finir comme cobaye et crever comme un chien? Suis-je si inutile? Moi, le junkie anorexique aux cheveux rouges, moi, le cadavre ambulant, ne suis-je pas assez bien pour les intéresser? Vais-je crever ainsi, dans les griffes d'un monstre qui m'a volé mon enfance?

C'est la tête pleine de ces questions et affirmations moroses que je m'habille, me maquille en vitesse et sors de la maison close. Il est quatre heures du matin, mon service est terminé. Je finis toujours plus tôt, sauf lorsqu'un type veut me prendre pour la nuit entière ou que Terada me prête à l'un de ses pote pour rembourser une dette de jeu. Mais pour autant, mon travail n'est pas totalement terminé. Jusqu'à huit heures, j'erre dans les rues à la recherche de clients qui n'iraient pas forcément dans une maison close. Il y en a beaucoup, mine de rien; des gens qui se laissent tenter par les belles jambes d'une pute sur un trottoir, qui préfèrent le "discount" plutôt que de se taper les frasques d'un mac mal luné ou l'augmentation du prix de la passe. Je m'éloigne par habitude de la maison close de Terada, partant vers le nord par commodité. C'est là d'où je viens. Là que je vivais avant, que ce soit avec mes parents ou avec le groupe d'enfants qui m'ont accueilli lorsque j'étais seul et perdu. Je connais beaucoup de putes dans les parages, des femmes qui sont proches de la retraite ou l'ont atteinte, qui restent par ici seulement pour soutenir et former les jeunes recrues. Je ne sais plus qui me les a présenté, mais...je sais que c'était quelqu'un de très important pour moi. Quelqu'un de mort, évidemment. Comme tout ceux qui étaient important dans ma vie.

Alors que j'arrive pratiquement à mon endroit préféré, des insultes et vociférations parviennent à mon oreille. Apparemment, une demoiselle a quelques soucis avec des yakuzas passés par là...des gens qui se croient tout permis sous prétexte qu'on est à Tokyo. Malheureusement pour eux, cet endroit est une zone de non droit, même pour les macs du sud. Le nord de Shinjuku appartient aux putes, et je pense qu'ils ne vont pas tarder à le comprendre...je vois déjà quelques unes quitter leur maison close pour venir voir d'où provenait ce raffut.

"Lâchez-là, bande de sous-merdes. Vous n'êtes pas chez vous ici. Cassez-vous avant qu'on vous broie les couilles."

Le shinjuku-ben à son paroxysme...ça me donne un côté yankee, pourtant je ne pourrais pas leur faire quoi que ce soit s'ils décidaient d'en venir aux mains. Heureusement, je ne suis pas seul; les filles prennent le relais, lynchant et décourageant les deux types qui se rendront bien vite compte qu'ils ne font pas le poids. J'en profite pour éloigner la demoiselle prise pour cible, et la détaille de bas en haut; je l'ai jamais vue, celle-là...

"Ils t'ont violée? Tu peux leur exiger du fric sinon, t'sais. Ca se croit tout permis, ces idiots."

EXORDIUM.




Hurt me and you'll be fine. Hurt them and make your prayers.

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24.09.18 9:58

絶望 [mars 2055]

Être une prostituée n'était pas aussi simple que ce qu'elle aurait cru. Il y avait tellement de règles et de choses à prendre en considération. Rapidement on l'avait aiguillé vers le nord de Shinjuku ; c'était une zone de non droit qui n'appartenait qu'au prostitué. Eimi pouvait donc apprendre les ficelles du métier en toute sécurité sans craindre les retours d'un mac insatisfait de sa jeune recrue. Finalement c'était un peu une nouvelle famille, mais aussi une nouvelle école qu'elle avait trouvé-là et l'adolescente se montrait bien plus attentive qu'au lycée. Il faut dire qu'ici elle trouvait un intérêt à écouter et à apprendre. Les choses étaient réelles et utiles. Ce n'était pas comme les cours de mathématique dont elle n'y voyait aucune logique.

La cloche sonna la fin de sa première journée. Il fallait maintenant rentrer et déjouer l'attention de sa mère pour commencer la deuxième. En soit ce n'était pas bien difficile : elle lui avait fait croire qu'elle avait obtenu un job à mi-temps en tant que plongeuse dans un restaurant. C'est donc dans une tenue tout à fait descente qu'elle quitta l'appartement pour se changer dans les premières toilettes venues. Adieu le jean, bonjour la jupe affriolante ainsi que le t-shirt au décolleté bien trop plongeant pour être sage. Le résultat, avec un peu de maquillage donnait l'image d'une prostituée à ne pas en douter, sans doute un peu cliché et vulgaire, mais elle apprenait et peaufinait son look au fur et à mesure. Ce soir elle n'avait pas prit de client tout de suite, elle avait d'abord écouté Mama, une vielle du boulot qui l'avait prise sous son aile. Même si Eimi n'était plus vierge depuis bien des années, elle n'avait pas non plus une longue liste de conquête, donc apprendre les techniques de bases par une ancienne était toujours bon à prendre. C'était d'ailleurs Mama qui lui avait trouvé son pseudonyme : Lotus.

La nuit avançait, la leçon sur les fellations et l'apparence se termina. La vielle l'envoya sur le trottoir à l'aide d'un « Allez zou ! La théorie c'est bien, mais il est l'heure de la pratique. » Eimi avait ri avant de l'embrasser et de filer retrouver ses collègues. Ici elle se sentait bien, c'était un nouveau royaume, une façon d'oublier que sa grande sœur venait de disparaître, car elle en avait plein de grande sœur ici, prête à l'aider. D'ailleurs elle trouva son premier client grâce à l'une d'elle qui en fit la publicité. Le client semblait préféré la plus âgée, mais la promesse qu'elle était jeune et encore à formater semblait plaire à ce vieux pervers. Elle lui fit son plus beau sourire avant de monter dans sa voiture qu'il gara quelques rues plus loin. Une fois l'affaire fini, elle récupéra sa paye et retourna à pied vers sa rue de prédilection, remerciant sa grande sœur d'un billet. Eimi n'était pas totalement idiote : si on la prenait sous son aile, le geste était toujours apprécié car il s'agissait toujours d'un client en moins pour soit.

Quatre heure du matin. La fatigue commençait à se ressentir, mais elle espérait quand même se trouver un client ou deux supplémentaires avant de rentrer. Elle n'aurait pas le temps de dormir avant d'aller en cours, mais elle sécherait les premières heures pour faire une sieste sur le toit ou à l'infirmerie. Elle commençait à se demander s'il serait pas plus simple de quitter le système scolaire. Elle n'avait pas besoin de diplôme pour ce métier et le faire jusqu'à la fin de ses beaux jours ne lui posait aucun problème. Après tout elle trouvait cela divertissant et amusant. Ce qui était triste c'était se dire qu'elle ne verrait plus aussi souvent Aina. Ce bougre n'avait pas de téléphone portable, il était donc plutôt pratique de le croiser au lycée, surtout pour s'envoyer en l'air dans les toilettes, pratiquant ses leçons sur lui, chose qui ne semblait pas lui déplaire. Enfin elle trouverait bien un autre moyen de tomber « par hasard » sur son camarade.

Elle s'arracha à ses pensées quand elle aperçut deux hommes se diriger vers elle. Deux à la fois, c'était gourmand, mais cela pouvait aussi rapporter gros. Innocente, elle les rejoignit, leur offrant son plus beau sourire et une délicieuse vue en plongé sur son décolleté. Eimi le regretta bien vite. Elle se retrouva plaqué contre le mur, recevant une pluie d'insultes et de menaces. Là, elle n'était plus sûr de son idée de pouvoir se faire de l'argent sur ces deux-là, car ça ne semblait pas être leur idée. Un coup vola sur son visage, puis un deuxième. Sa non-réaction semblait les agacer. Alors qu'un troisième coup allait pleuvoir, elle entendit une voix crier derrière eux. Cela suffit à les distraire pendant que quelqu'un l'extirper de la foule. Eimi ne s'était même pas rendue compte qu'une foule s'était amassé autours d'eux.  

Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'on lui parlait, mais ce laps de temps fut aussi celui nécessaire à son cerveau pour lui envoyer le signale de la douleur. Elle porta alors machinalement une main sur sa bouche.

« Aoutch ! » Sa lèvre inférieur saignait et semblait plutôt douloureuse. « Génial, la lèvre... Espérons que ça n'enfle pas. » Elle se tourna vers la foule et hurla par dessus le vacarme « Putin bande de connard ! On vous a jamais appris qu'on ne frappe pas le visage d'une femme ?! » Puis elle revient à son sauveur, souriant comme elle pouvait avec sa blessure. « C'est bon, ils n'ont pas eu le temps de me toucher. Vous êtes arrivés au bon moment. Par contre, si tu pouvais leur choper quelques billets pour dédommager ma blessures. Car grâce à eux je ne vais pas pouvoir travailler correctement demain... »

D'accord cet argent n'était pas vital pour elle, mais ça l'ennuyait de sécher un jour de travail et de cours auprès de Mama juste à cause de deux yakuza en mal de domination. Eimi regrettait à présent de ne pas y avoir fait plus attention au départ : les yakuzas, il vaut mieux en rester éloigné si l'on veut éviter les ennuies.

« Au faite, merci du coup de main. Lotus, je t'en dois une maintenant. »

Elle lui avait innocemment embrassé la joue pour le remercier. L'avantage d'embrasser du bout des lèvres c'est qu'elle ne laissa pas de trace de sang, même si elle grimaça derrière de douleur. Visiblement elle allait avoir un bleu.

Fujiwara Daisuke

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Mikata ✘ Matsumoto
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24.09.18 15:54


絶望


J'examine la demoiselle de haut en bas pendant qu'elle parle, qu'elle insulte ces idiots qui se sont cru dans le sud du quartier. Sa lèvre est bien amochée, mais on va dire que j'ai vu pire donc je pense pouvoir l'aider à gérer l'apparence. Pour la douleur...ça, c'est en fonction de sa résistance. Si elle est assez endurcie, il n'y a pas de raison pour que ça la gêne au travail. Je hausse un sourcil, mais ne juge pas; par contre, les types s'étant enfuis plutôt vite sous le lynchage des filles, il est impossible de les dépouiller. Tant pis, c'est dommage, j'aurais bien récupéré deux ou trois mille yens pour ma came.

"Y'aura d'autres occasions. C'est pas les trous du cul qui manquent, dans cette partie de la ville."

Je reste un peu confus lorsqu'elle m'embrasse sur la joue. C'est léger, mais...hum...on va dire que c'est très rare qu'une fille m'embrasse. Hors clients, les démonstrations d'affection se limitent aux câlins de mes colocataires de souffrance. Mais je ne devrais pas rougir comme ça, pour un simple petit bisou! C'est pas mon genre, pourtant! Je me racle la gorge d'un air gêné, marmonnant que ce n'est rien. Mais...AH! Elle s'est présentée, non? Lotus...drôle de prénom. Ca doit être un pseudo, comme il est courant chez les putes féminines. Nous les mecs, on ne s'encombre pas d'un pseudo. Du moins, j'en ai jamais rencontré qui portaient un pseudo. Ca ne sert pas à grand-chose quand on vend son cul, non?

"Daisuke, mais tu peux m'appeler Dai'. T'es nouvelle ici, non? Je t'avais jamais vue avant..."

Quand on vit depuis aussi longtemps que moi dans ce foutu quartier, on apprend à connaître tous ceux qui bossent dans les ruelles sales et puantes. Les putes sont reines à cet endroit, mais si un jour les yakuza décident de faire un raid, nous ne pourrions que nous plier à leurs exigences. C'est la problématique principale de la vie d'une pute de Shinjuku; libre, mais dépendante de la volonté des plus forts. Moi, bien sûr, je ne suis pas concerné. Je suis déjà prisonnier d'une ordure depuis bien longtemps.

"Viens, faut qu'on soigne ça. Tu peux supporter la douleur? J'ai seulement de quoi faire désenfler, mais...hmm...au pire j'ai de l'herbe, ça shoote assez pour que tu ressentes rien. Par contre, je garantis pas pour demain matin."

J'ai pas de thunes, mais je partage volontiers mes resources, et ce depuis le commencement de ma vie en solitaire. Objectivement parlant, elle a plus besoin d'un joint que moi et...je ne peux pas le lui refuser. Je lui souris, et l'entraîne un peu plus loin pour quitter l'artère principale. Je n'habite pas très loin, mais je doute qu'elle ait très envie de suivre un inconnu jusqu'à son antre. Il faut juste choper de l'eau froide pas trop dégueulasse.

"J'ai tout de suite capté que t'étais nouvelle. T'as l'air de pas trop supporter les coups, mais ici les types ont la main leste. Il va falloir t'y habituer."

Pour illustrer mon propos, je baisse légèrement mon mini-short pour lui montrer les bleus et autres plaies sanglantes sur mon bassin, vestiges de ma soirée. J'ai la chance - ou la malchance? - de ne pas marquer trop facilement, et surtout de bien cicatriser. Pourtant, j'ai encore une bonne centaine de cicatrices un peu partout sur le corps. Les clients, ici, sont d'une violence inouïe. J'affiche un petit sourire contrit en me rhabillant correctement.

"Ils sont un peu plus délicats avec les femmes, mais ne compte pas trop là-dessus. Par contre...tu sais que c'est normalement interdit de tapiner dans la rue à son compte? C'est qui ton mac? Il sait que t'es là?"

Terada est au courant pour mes activités je crois, mais il s'en branle totalement. Tant que je lui rapporte un peu de thunes et surtout qu'il peut me passer sur le corps, alors je peux bien me faire prendre à l'arrière d'une bagnole qu'il n'en aura rien à foutre. Du moins...pour le moment.

EXORDIUM.




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06.10.18 19:26

絶望 [mars 2055]

Eimi remarque que cela semble beaucoup perturbé les inconnus qu'elle les embrasse de la sorte pour les remercier ou les saluer. C'est vrai que ce n'est pas une habitude très commune au Japon, mais elle aimait bien le faire, alors pourquoi s'en priver ? Pendant que son sauveur lui annonça que ses agresseurs avaient déjà prit la fuite et se présenta, elle en profita pour faire signe à l'une de ses grande sœurs que tout aller bien. Son premier problème était de soigner cette blessure, le deuxième lui arriva soudain à la tête et elle jura silencieusement pendant que Dai proposait de l'aider pour la première tâche. Même la blessure soignée, elle allait devoir trouver une excuse auprès de sa mère... À la base elle était censée faire la plonge pour un restaurant et donc ne pas finir blessée. Enfin elle s'en occuperait en temps voulu.

Elle le suit dans les ruelles adjacente, lui faisait confiance, peut-être un peu trop naïve, mais aucune de ses protectrices n'avaient eu l'air de se méfier du jeune androgyne. Elle profita de cet petite balade pour lui répondre.

« Oui j'exerce depuis quelques mois. C'est Mama qui me forme. Si t'as déjà de quoi rendre ça moins moche ça me va. Pour l'herbe, hum je reste loin de tout ça, donc on va supporter la douleur. De toute façon c'est pas la fin du monde, tous les mois je connais pire douleur. »

Elle rit à sa propre remarque, rire qui lui retira une plainte de douleur. En faite, elle ne serait peut-être pas contre un peu d'herbe. Ce n'était pas son genre et la douleur était probablement supportable, mais elle n'avait pas l'habitude de se retrouver amocher pour d'autre raison que de sa maladresse en cours de sport. Alors quand Daisuke lui annonce qu'elle subira probablement d'autres coups, Eimi grimace, la perspective n'est pas réjouissante... La vue de son corps lui fait ouvrir grand les yeux. Ils étaient sérieux ? Il acceptait de subir des coups et blessures de la sorte juste pour le boulot ? Elle espérait vraiment qu'il était bien payé, mais au moins il semblait que les clients respectent son visage.

« Hum la douleur c'est pas ma tasse de thé. Je préfère éviter les sadomasochistes... Espérons donc qu'ils soient plus aimable avec moi. »

C'était son côté innocent et jeune qui lui faisait croire de telle chose. Mama l'avait déjà prévenue qu'elle risquait parfois de garder des marques, mais elle ne voulait pas y croire. Elle était encore sur son petit nuage, duquel elle venait déjà de descendre d'un niveau ce soir. Eimi commençait à comprendre que tout n'allait pas être si facile. Il ne suffisait pas de sourire et d'être bonne, il fallait aussi se défendre, reconnaître le danger, savoir l'éviter et quand l'on tombe sur un client violent, visiblement il fallait encaisser comme Daisuke. Lui aussi allait devoir soigner ses blessures. Elle avait remarqué qu'elles étaient fraîches. Finalement l'herbe elle n'en prendrait pas, elle lui laisserait sa part. À cet instant elle se demandait comment il faisait pour marcher sans se plaindre de douleur. Peut-être que l'habitude avait rendu ce genre de sensation inexistante, ou tout au moins routinières au point qu'il n'y prête plus attention.

Elle arqua un sourcil quand il lui parla de Mac. Elle connaissait leur existence oui, mais elle avait préféré se former sur le terrain avant de finir attaché à l'un d'eux. Eimi n'avait pas envie de subir la colère d'un patron mécontent de par son inexpérience.

« Nan je suis rattachée à personne. Je veux d'abord me former un peu, histoire de ne pas subir la colère d'un patron. Et puis bon, ma mère n'est pas au courant donc c'est plus pratique pour moi d'avoir des horaires souples. D'ailleurs va falloir que je trouve une justification pour ça. Elle croit que je fais la plonge dans un restaurant. Généralement quand je rentre elle dort déjà, mais au réveil je vais pas y échapper à l’interrogatoire... »

Elle le suivait toujours, allant d'une ruelle à une autre, le laissant chercher ce qu'il voulait. Elle n'avait en réalité aucune idée d'où il l'emmenait, ni même ce qu'il voulait lui faire comme soin. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de lui faire confiance. Entre temps, elle avait attrapé un mouchoir dans son sac qu'elle gardait appuyé sur sa lèvre, espérant arrêter le saignement.

« Au faite, t'as l'air d'en savoir des choses. Tu fais ça depuis longtemps ? D'ailleurs, faut aussi que tu te soigne. T'as peut-être l'habitude toi, mais ça a l'air bien moche ta hanche. »

Fujiwara Daisuke

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Mikata ✘ Matsumoto
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21.10.18 18:01


絶望


J'avais raison, cette demoiselle est une petite nouvelle qui n'est pas forcément tombée sur les bonnes personnes. Je fronce les sourcils en l'entraînant un peu plus loin, marchant précautionneusement pour les mêmes raisons qui m'ont donné ces jolies blessures de guerre. J'esquisse un sourire amusé lorsqu'elle compare la douleur à celle que je devine être celle des femmes une fois par mois ; je ne sais pas encore si c'est naturel ou si c'est à cause du train de vie que nous menons par ici, mais je sais de source sûre que parfois, les femmes exclusivement pissent du sang. Je sais aussi que c'est très douloureux, comme si un organe était en train de pourrir à l'intérieur...Et je sais également que lorsqu'elles sont enceintes, elles ne saignent plus du tout jusqu'à expulser le gamin. Du coup à quoi c'est dû ? Pourquoi est-ce que ça n'arrive pas aux hommes ? Est-ce que les bébés qui naissent de ces femmes sont en bonne santé ou est-ce une maladie génétique ? Je n'en sais rien. Je ne suis pas une femme.

« Plus aimable...je crois que tu es un peu trop exigeante avec eux, tous sont de la même trempe ici. Il est très rare de tomber sur un type à peu près potable. Mais si un client te veut, s'il avance le fric, tu n'as pas le droit de refuser. Tu dois prendre sur toi, c'est tout. »

Avec le temps, j'ai appris à tout supporter. Les violences, les humiliations, les fétichistes et autres tordus qui veulent tenter des choses extrêmes avec des putes parce que leur petite vie de couple est trop merdique à leur goût. J'ai évité les scatophiles comme la peste, survécu je ne sais comment à certaines orgies infâmes, et surtout noyé ma douleur dans l'alcool et la drogue après le départ de Sato. Rien que d'y penser, j'ai une boule dans la gorge. Ce n'est pas guéri...ça ne sera jamais guéri. Ma vie est foutue depuis longtemps de toute façon, je n'avais seulement pas le droit de rêver un peu.

« Fais gaffe à toi alors. Si des yaks un peu trop zélés font une descente vers ton territoire et captent que t'es affiliée à personne, tu risques la prison. Et crois-moi, t'as pas envie d'y aller. »

Les putes récupérées sur le trottoir, personne ne les a jamais revues. Nous nous doutons qu'elles ont été vendu au plus offrant, probablement comme esclaves ou cobayes pour les labos. Peut-être que certaines ont été récupérées par des macs, mais pas dans le quartier ; on l'aurait su. On nous dit qu'elles vont en prison, mais je pense qu'il n'y a pas de prison à Tokyo ; du moins pas pour les gens comme nous. Peut-être pour des opposants politiques, pour ce que j'en sais ! Je crois qu'ils privilégient l'esclavage ou le meurtre. Alors cette demoiselle risque gros à n'avoir aucun nom à donner...

« Quand tu tapines dans la rue mais que t'as un mac en-dehors, c'est à lui de voir quelle punition il veut te donner quand tu te fais choper. Parfois, certains s'en branlent totalement tant que tu leurs fais pas perdre de thunes. Parfois, ils peuvent se montrer violents et t'enfermer dans la maison close. Mais c'est toujours mieux que de crever comme un chien dans la rue pour avoir osé vouloir de la thune pour toi toute seule. Mieux que de finir cobaye d'un labo ou je ne sais quoi encore. Ca m'étonne qu'on ne t'ait pas parlé des rumeurs...toutes les putes le savent pourtant. »

Nous arrivons bientôt dans mon quartier, mon squat, le studio minuscule que j'ai réussi à me procurer pour échapper à l'emprise beaucoup trop toxique de Terada. Ca n'a pas été facile de le convaincre de me laisser quitter la maison close, mais...on va dire que j'ai été persuasif. Je m'arrête un instant sur le pas de la porte taguée de l'immeuble grisâtre, et me tourne vers elle.

« Ca fait un moment, oui. Peut-être trop longtemps. Mais on discutera plus amplement à l'intérieur. »

C'est dangereux de suivre un type qu'on ne connaît pas, même si elle doit se baser sur la réaction des autres filles dans la rue. Il y a tellement de tarés à Shinjuku ! Je la laisse tout de même entrer devant moi, et l'entraîne vers les escaliers pour rejoindre mon chez moi. L'ascenseur est en panne depuis toujours, mais c'est pas grave...ça fait faire un peu de sport, de grimper cinq étages. Je n'habite heureusement pas au dernier !

Fouillant dans ma botte qui me sert de poche, j'en sors une clé rouillée que j'actionne dans la serrure. J'ai rangé un peu avant de partir, heureusement...l'endroit est petit, à peine quelques mètres carrés, mais j'ai tout aménagé moi-même pour en faire un petit nid douillet. La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir de frigo ; l'alcool frais est quand même meilleur. Je sors une bouteille de whisky bon marché d'un placard sans porte, et commence à en boire une longue rasade au goulot. J'ai quand même besoin d'un petit remontant moi aussi !

« T'en veux ? C'est pas le meilleur, mais ça fait son taf. Assis-toi, j'vais te chercher de quoi soigner ça. »

Je lui désigne mon sofa déglingué et fais un aller-retour dans la salle de bain pour récupérer ma trousse de secours. J'en suis assez fier, j'avoue ; j'ai volé absolument tout ce qu'il se trouve ici, mais au moins je peux me rafistoler tout seul. Je lui sors une bouteille d'alcool à 90°, des cotons propres et même un tube d'une crème totalement inconnue qui soulage les bleus. Ça, c'est aussi pour moi. Je prends le temps de m'allumer un joint pré-roulé pour me détendre un peu ; la soirée est longue pour tout le monde ici. J'imbibe ensuite un minuscule morceau de coton avec l'alcool, et l'approche de sa lèvre.

« Ca va piquer. Tiens bon. »

Soigner les autres, c'est ce que j'aurais voulu faire dans une autre vie. A la place, je rafistole ce que je peux chez des gamins qui n'ont rien à foutre dans ce monde. Celle-là est plutôt vieille, et semble avoir choisi sa voie...si elle savait dans quoi elle s'est embarquée !

« Donc, si j'ai bien suivi, c'est toi qui a choisi d'aller dans la rue ? Et ta famille n'est pas au courant ? »

EXORDIUM.




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